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CAP Déshydratation

Problème - Déclenchement - Recommandations - Complément

Problème


Ce CAP « déshydratation » alerte les prestataires de soins de la nécessité d’évaluer un éventuel problème de déshydratation. Normalement le corps maintient une quantité appropriée de fluide à l’intérieur des cellules et du système vasculaire. L’ajustement maintient une balance entre la quantité d’eau ingérée et la quantité de liquide excrétée par les reins, ou dans une moindre mesure la sueur et les selles. La déshydratation apparaît quand les sorties excèdent les entrées.

Un examen physique peut fournir la preuve que la personne est déshydratée. Toutefois, chez les personnes âgées, l’évaluation de la tension de la peau ou de la sécheresse des muqueuses de la bouche n’est habituellement pas recommandée. Les examens de laboratoire offrent souvent des indications importantes sur la présence d’une déshydratation. Le ratio BUN/CRE (BUN, Créatinine & BUN Créatinine Ratio) augmente presque toujours aux environs de 25 et la concentration de l’hémoglobine peut augmenter également. Dans la plupart des circonstances, la concentration de sodium dans le sérum augmente lorsque le corps perd plus d’eau que de sel. S’il y a un degré significatif de déshydratation, la pression artérielle peut chuter avec une augmentation concomitante du pouls.

La déshydratation est associée à une longue liste de pathologies incluant les gastroentérites, d’autres infections, des pathologies rénales et un usage excessif de diurétiques. Les personnes âgées peuvent se déshydrater quand le temps est très chaud si elles n’augmentent pas leurs apports hydriques. Suivant la cause et la sévérité de la déshydratation, les liquides peuvent être administrés par voie orale ou intraveineuse. Une surveillance appropriée du taux de sodium sérique et de la fonction rénale sont nécessaires.

Principaux objectifs de soins
  • Identifier et traiter la ou les causes sous-jacentes de la déshydratation.
  • Réhydrater la personne, en adaptant le traitement aux déficits.
  • Etablir une stratégie appropriée de surveillance et de tests de laboratoire pour assurer la guérison.
  • Prévenir les complications associées (hypotension, chutes, confusion, constipation).
  • Assurer le confort pour ceux chez qui le traitement est surtout palliatif.


Déclenchement


Ce CAP « déshydratation » est basé sur deux items des instruments d’évaluation interRAI : « la déshydratation et l’insuffisance de liquides ». Tous deux ont une prévalence assez faible. Le taux de déshydratation varie de moins d’1 % à environ 5 % alors que des taux de déséquilibre hydrique de 3 à 10 % sont communs. Mais quand les deux problèmes sont présents, ils sont assez sérieux. Il existe deux niveaux d’alarme : élevé ou bas. Les personnes classées à haut risque ont une ou plusieurs causes évidentes de complications de la déshydratation. Leur état clinique exige l’examen immédiat par un médecin. Les personnes classées dans le groupe à « bas risque » tout en nécessitant une surveillance clinique rapprochée, peuvent souvent être prises en charge simplement par l’augmentation des apports hydriques et la surveillance stricte de l’évolution de la personne.

Après une période de 90 jours, environ la moitié des personnes évaluées comme déshydratées (sur base des 2 items) ne seront plus évaluées comme telles. Donc il y a deux règles à ce CAP. Premièrement, il faut être vigilant pour s’assurer qu’une personne qui présente ce problème soit identifiée comme requérant un traitement. Deuxièmement, il faut intervenir pour être sûr que la personne soit correctement réhydratée et que son, ou ses problèmes cliniques, soient résolus ou du moins aient été pris en considération.

PERSONNES A RISQUE ELEVE.

Les personnes appartenant à cette catégorie ont été identifiées comme déshydratées ou recevant des liquides insuffisants. Ensuite, ils ont été évalués comme présentant une ou plusieurs causes de complications de déshydratation :

  • Diarrhée
  • Vomissements
  • Confusion (un ou plusieurs items avec l’apparition récente de conditions comme le fait d’être facilement distrait, l’agitation, la variation de la fonction mentale, la somnolence, l’incohérence verbale, et l’altération des perceptions).
  • Fièvre
  • Vertiges
  • Syncopes
  • Perte de poids (5% ou plus durant les 30 derniers jours)

Ce groupe inclut environ de 2 à 6 % des personnes résidant en institution, 10 % des personnes recevant des soins à domicile et moins de 1 % des adultes vivant de façon autonome dans la communauté.

PERSONNES A RISQUE FAIBLE.

Les personnes appartenant à cette catégorie ont été identifiées comme déshydratées ou recevant des liquides insuffisants. Mais elles NE présentent PAS une des conditions associées mentionnées plus haut.

Ce groupe inclut environ 2 % des personnes résidant en institution, 4 % des personnes recevant des soins à domicile et moins de 1 % des adultes vivant de façon autonome dans la communauté.

PERSONNES NON A RISQUE.

Toutes les autres personnes.

Ce groupe inclut environ 97 % des personnes résidant en institution, 94 % des personnes recevant des soins à domicile et 99 % des adultes vivant de façon autonome dans la communauté.


Recommandations


Identification de la capacité des personnes à être impliquées dans leur propre traitement.

Beaucoup de personnes dépistées par le CAP déshydratation, quel que soit leur milieu de vie, auront un certain niveau de problèmes fonctionnels et cognitifs. La première étape du plan de soins est d’évaluer la capacité de la personne à jouer un rôle significatif dans la résolution de ce CAP. Pour ce CAP, il est admis qu’un tel rôle peut être assumé quand la personne a les 3 capacités suivantes.

  1. Premièrement, la personne a un score de performance cognitive inférieur à 4.
  2. Deuxièmement, la personne a la capacité de se déplacer dans son milieu de vie (en marchant ou en fauteuil roulant) sans aide physique extérieure et a accès aux boissons.
  3. Troisièmement, la personne participera à l’activité appropriée de monitoring pour être sûr que la déshydratation et sa cause sont correctement traitées.

Cette définition s’applique à environ 20 % des personnes résidant en institution, 70 % des personnes recevant des soins à domicile et à presque toutes les personnes âgées vivant de façon autonome dans la communauté.

Communication avec le médecin et implication dans le plan de soins.

Prise en charge initiale. Les prestataires de soins doivent noter le fait que le CAP « déshydratation » a été activé et évaluer les individus en fonction du degré de déshydratation et du risque élevé ou bas de déshydratation. Quand la personne est classée à risque élevé, une réponse immédiate est indispensable. Le prestataire de soins devrait alors communiquer ses découvertes à un médecin. De plus, les causes potentielles de déshydratation devraient être transmises à l’attention du médecin. Plus l’information est complète, plus il est facile de mettre en place une stratégie appropriée rapidement. Exemple : savoir que la personne a une température peu élevée (qui représente un signal d’alerte à haut niveau) et qu’elle n’absorbe pas bien les liquides tout en continuant à prendre des diurétiques, aidera à formuler une stratégie.

Observations clinique (beaucoup de ces signes peuvent être tirés de l’évaluation interRAI).

  • Y a-t-il des signes qui suggèrent la présence d’une déshydratation ?
    • Un pouls rapide ou une augmentation significative des pulsations en position debout.
    • Hypotension ou un changement de la pression sanguine de plus de 20 mmHg en position debout.
    • La personne est-elle somnolente, confuse ou délirante ?
  • Y a-t-il des signes d’infection ?
    • Vérifier spécialement la présence de fièvre, toux, somnolence, changement dans l’état mental, dysurie, diarrhée et vomissements.
  • Changements dans les apports oraux de la personne
    • La personne laisse-t-elle de la nourriture non mangée, consommant moins de 25 % des repas ?
    • La personne a-t-elle pris une quantité adéquate de liquides ?
    • La personne prend-t-elle une quantité excessive de laxatifs?
    • La personne a-t-elle un problème pour avaler ?
    • La personne dit-elle qu’elle a soif ?
    • La personne limite-t-elle l’absorption de liquide par crainte d’incontinence ?
  • Autres considérations pertinentes pour la déshydratation
    • La personne est-elle sous diurétiques, ou le dosage a-t-il récemment augmenté ?
    • La personne a-t-elle une restriction hydrique ?
    • La personne suit-elle un régime récemment prescrit ?
    • La personne suit-elle un régime restrictif ?
    • Garde-t-on un registre des entrées-sorties ?
    • La personne a-t-elle une pathologie connue pour augmenter le risque de déshydratation ?
    • La personne a-t-elle des antécédents de déshydratation ?
    • La personne a-t-elle des douleurs abdominales avec ou sans diarrhée, nausées, vomissements ?
  • Maladies qui prédisposent aux troubles de la balance hydrique :
    • La personne est-elle diabétique ou prend-elle des médicaments prescrits pour le diabète ?
    • La personne a-t-elle des problèmes de déglutition qui limitent sa capacité à augmenter l’apport de liquides quand nécessaire, ou a-t-elle une capacité limitée de déglutition ?
    • La personne a-t-elle une insuffisance rénale significative ou une maladie du rein connue ?
    • La personne est-elle somnolente pour n’importe quelle raison ?
    • Y a-t-il une constipation d’apparition récente, un fécalome ou une perte de poids ?
    • La personne a-t-elle des troubles de comportements qui peuvent affecter sa capacité à prendre des liquides en suffisance ?
    • Y a-t-il un accident vasculaire cérébral ou un changement de l’état mental récents ?
    • La personne est-elle instable sur le plan de la santé ?
    • La personne a-t-elle un événement aigu récent, par exemple, chirurgie de la hanche, qui pourrait prédisposer à la déshydratation ?
    • Y a-t-il un déclin récent dans les AVQ ?
    • La personne a-t-elle une maladie, comme la maladie de Parkinson, qui peut allonger le temps nécessaire pour se nourrir ?
    • La personne a-t-elle récemment interrompu un traitement à base de stéroïdes, peu importe la raison (ceci peut requérir une intervention médicale immédiate) ?
  • Y a-t-il d’autres signes suggérant la présence d’une déshydratation ?
    • Constipation récente, fécalome, ou perte de poids.
    • Pouls rapide ou augmentation significative des pulsations au changement de position (debout)
    • Hypotension ou modification de la pression artérielle supérieure à 20 mm Hg au changement de position (debout).


Complément


RESSOURCES ADDITIONNELLES
Fish LC, Davis KM, Minaker KL. Dehydration. In Morris JN, Lipsitz, LA, Murphy, KM, and Belleville-Taylor, P. (Eds). Quality Care in the Nursing Home. Mosby, St. Louis, MO, 1997. Note: this chapter provides a comprehensive approach to assessment and management of dehydration in the nursing home. Case examples are presented.

Mentes J and Buckwalter K. Getting back to basics. Managing hydration to prevent acute confusion in frail elders. Journal of Gerontological Nursing 1997; 23 (10), 48-51.

Mentes, JC. (1998). Hydration Management Research-Based Protocol. The University of Iowa Gerontological Nursing Interventions Research Center, Research Dissemination Core. Note: this protocol provides helpful information for developing a comprehensive care plan for persons with dehydration. Internet access: http://www.nursing.iowa.edu.gnirc.

Palmer JB, Drennan JC, Baba M. Evaluation and treatment of swallowing impairments. Am Fam Physician 2000; April 15;61(8):2453-62.

Weinburg A, Pals J, Levesque P, Beals L, Cunningham T, Minaker K. (1994). Dehydration and death during febrile episodes in the nursing home. JAGS 1994; 42, 968-971.

Weinburg A, Minaker K, & The Council on Scientific Affairs, American Medical Association. (1995). Dehydration. Evaluation and management in older adults. JAMA 1995; 274, 1562-1556.

AUTEURS

Kenneth L. Minaker, MD
R. Knight Steel, MD
John N. Morris, PhD, MSW
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This particular version was published on 09:14 29-Nov-2019 by Nicolas Gillian.
 
BelRAI @2007

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